Archives de catégorie : Méditerranée

Stylet corse

Lame : double tranchant; L : 180 mm, l : 35 mm, e : 5,5 mm.

Acier : sandwich, acier dur (C 1,2%, W 1,2%) / feuilleté cinq couches travaillées à plat.

Soie traversante vissée dans le dernier disque de la fusée (écrou prisonnier).

Fusée : empilement de disques d’ébène, séparés de cuivre et d’argent. Le septième disque est incrusté d’un « oeil » de corail de Méditerranée.

Toutes les pièces de monture sont argent ; le fourreau est en cuir durci recouvert de cuir.

Interprétation de Flissah kabyle

Flissah forgée par un artisan coutelier français

J’avais déjà forgé quelques lames de « Flissah » mais uniquement d’après l’examen d’un original incomplet en ma possession, et sans aucune documentation. Depuis, mon ami Claude Bidaut a comblé cette lacune en m’apportant ses connaissances et différentes études, dont celle de C. Lacoste.

 

Poignard kabyle, forgé par un artisan coutelier françaisPoignard d'inspiration kabyle, avec poignée en poirier naturel et argent

Entre authenticité et modernité

À la lumière de toutes ces données, j’ai tenté, comme à mon habitude, de saisir l’esprit de cette tradition et de me rapprocher autant que possible des modes opératoires des artisans kabyles. Malgré de très nombreuses concessions à la modernité, voici donc une nouvelle tentative un peu moins « européanisée » que les précédentes.

Entre autres concessions, les deux moitiés du fourreau (poirier naturel) sont collées, et les bagues qui le décorent sont brasées au lieu d’être pliées, battues et piquetées : je n’ai pas su travailler là tôle d’argent de cette façon sans abîmer le bois.

Pour la gravure du bois, en revanche, j’ai travaillé à main levée avec un crayon et deux petits ciseaux montés sur une échoppe.

Poignard inspiré par les traditions de forge kabyles

 

Origines probables de la Flissah

À propos des hypothèses proposées par les différents auteurs concernant la filiation de cette forme particulière d’arme blanche, mon expérience de forgeron me donne à penser qu’elle est très probablement originale et ne doit rien à des influences étrangères, du moins récentes. La section triangulaire très prononcée de la lame, la noix octogonale et la plate semelle (quelquefois incomplète) qui la prolongent font appel à des techniques de forges bien établies et ne semblent pas être une tentative d’imitation de la lame à plate semelle yatagan (Turquie). Je suis même convaincu que les forgerons kabyles avaient développé un outillage spécifique leur permettant de forger leur tranchant en conservant un dos aussi rectiligne… mais ça, il faudrait une étude à la fois d’historien, d’archéologue et d’ethnologue pour le confirmer.

Description :

Lame :

  • Dimensions: L : 205 mm, e : 6mm au talon
  • Poids : 120 g.
  • Acier au silicium, parfaitement adapté aux lames longues et effilées
  • Trempe intégrale suivie d’un revenu prolongé

Monture :

  • Fourreau et poignée en poirier naturel.
  • Bagues et tête de pommeau en argent.